Home About us Products Services Contact us Bookmark
:: wikimiki.org ::
Viol

Viol

Le mot viol désigne un rapport sexuel non consenti généralement imposé par une contrainte physique ou psychique. Dans certaines législations, la tromperie ou le dol constituent comme la violence un élément appréciateur du viol. Juridiquement, le viol est généralement considéré comme une agression sexuelle aggravée. Cette définition très générale ne laisse pas présumer de la complexité du sujet ni des souffrances des victimes. Tout d'abord, l'acte lui-même n'a pas toujours été désapprouvé et n'est pas toujours désapprouvé par les différentes et sociétés établies au cours de l'histoire de l'humanité jusqu'à aujourd'hui. Le viol est ainsi une réalité qui n'existe que dans certaine situations historiques données. Ensuite, la création d'un consensus, dans les pays et les époques où les mœurs et le droit l'exigent, sur la définition juridique du viol semble difficile. Pour finir, la plus grande difficulté semble provenir de l'application de ces critères face au développement de la délinquance sexuelle et de l'apparition d'une véritable préoccupation publique pour ce domaine. Le terme de viol désigne également la profanation d'une enceinte sacrée : par exemple le viol d'un tombeau.

Le viol dans la nature et dans l'histoire

En considérant les mammifères dans leur ensemble avant de considérer le cas de l'être humain, et avec les précautions à prendre dans ce genre d'observations à cause des problèmes posés par l'anthropomorphisme, l'éthologie montre que le viol est une réalité naturelle qui concernerait par exemple la moitié des accouplement chez les lions. Suivant les civilisations, les époques et les circonstances, le viol n'est pas toujours considéré comme une activité criminelle ; il est accepté socialement dans certains cas. Dans les sociétés traditionnelles, cela tient au statut des femmes, qui est souvent celui d'un bien, et, en cas de guerre, d'un butin. Dans l'histoire de l'Antiquité, Augustin (cf. La Cité de Dieu) note que le viol est une pratique habituelle lors des pillages de villes, au même titre que le massacre des hommes. Selon lui, on ne trouve guère plus d'un ou deux contre-exemples, et encore seraient-ils douteux. On peut citer le cas d'Alexandre le Grand dont le comportement semble avoir parfois témoigné d'une volonté de protéger certaines femmes de la violence masculine.

Les viols de guerre

La violence contre les femmes atteint des proportions épidémiques lors des conflits. Les viols en masse sont fréquemment utilisés, de façon systématique, comme arme de guerre. Ainsi, lors du débarquement des États-Unis d’Amérique en Europe, lors de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses plaintes ont été portées contre les soldats américains par des femmes françaises. En Bosnie-Herzégovine, entre 500 et 20 000 femmes ont été violées au cours des cinq mois de conflit en 1992 ; dans certains villages du Kosovo, 30 à 50 % des femmes en âge d’avoir des enfants ont été violées par des hommes des forces serbes ; au Rwanda, entre 250 000 et 500 000 femmes, soit environ 20 % des femmes ont été violées durant le génocide de 1994 ; en Irak, au moins 400 femmes et jeunes filles, certaines âgées de huit ans seulement, auraient été violées à Bagdad pendant ou après la guerre, depuis avril 2003 (Amnesty International, 2004). Ces viols sont un élément d'épuration ethnique, les nombreuses naissances qui s'ensuivent brisant la cohésion ethnique du groupe victime. Ces viols systématiques contribuent très fortement à la propagation du SIDA et d'autres IST.

La lutte contre le viol

La lutte contre le viol est récente. Ce sont les féministes américaines qui, dès le début des années 1970, ont été les premières à dénoncer les violences sexuelles. Leurs études ont eu un large écho dans les pays anglo-saxons, puis en France, ou le Collectif Féministe Contre le Viol s'est constitué en 1985. Ce sont les luttes féministes qui ont contribué à faire évoluer les lois.

Le viol en droit

Dans de nombreux pays, les féministes parviennent désormais à faire évoluer le statut juridique du viol et le traitement que la justice réserve aux victimes. Il s'agit de faire comprendre que le viol n'a rien à voir avec des « rapports sexuels » : c'est une agression destinée à affirmer la domination de l'homme par la force. Néanmoins, cet acte désormais reconnu comme un crime reste le plus souvent impuni. Les viols échappent souvent à tout contrôle et toute sanction. Certains pays n’ont pas de loi du tout, d’autres ont des lois imparfaites, tandis que 54 pays ont des lois discriminatoires à l’égard des femmes. Seuls 16 pays ont des lois faisant spécifiquement référence aux agressions sexuelles. Mais même avec une législation adéquate, aucun pays n’applique la loi en totalité. (UNIFEM, Nations Unies, 2003) Certains États ne considèrent pas que le viol puisse exister entre époux. Alors que certaines civilisations ou religions considèrent que la femme doit être soumise sexuellement à son époux, la législation ou la jurisprudence de certains pays admettent l'accusation de viol d'une femme par son mari. Le viol conjugal est reconnu comme une infraction à part entière dans 51 pays. En France, le « devoir conjugal » a été aboli en 1990 et le viol entre conjoints est condamnable depuis 1992. La plupart des juridictions considèrent qu'un(e) mineur(e) en dessous d'un certain âge, la majorité sexuelle, ne peut valablement consentir à un rapport sexuel : c'est ainsi qu'en France, la législation interdit les rapports sexuels avec un(e) mineur(e) de moins de 15 ans. Dans certains États, la limite d'âge est supérieure, par exemple dix-huit ans.

Législation française

Depuis 1980, la loi française apporte une définition précise du viol, qui est un crime passible de la Cour d’Assises. L’article 222.23 du Nouveau Code Pénal stipule : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol ».
- C'est la « pénétration sexuelle » qui distingue le viol des autres agressions sexuelles.
- « de quelque nature qu’il soit » : ceci désigne toute pénétration sexuelle, qu’elle soit vaginale, anale (sodomie) ou orale (fellation), ou pénétration sexuelle par la main ou des objets.
- « commis sur la personne d’autrui » : ceci désigne soit une femme, soit un homme, soit un enfant (fille ou garçon), que la victime soit connue ou inconnue de l’agresseur (ce dernier peut être extérieur à la famille ou lui appartenir).
- « par violence, contrainte, menace ou surprise » : ceci désigne les moyens employés par l’agresseur pour imposer sa volonté, au mépris du refus ou de l’âge de la victime. C’est le non-consentement qui caractérisent le viol. La notion d'inceste n'existe pas en droit français, la qualité d'ascendant légitime ou de personne ayant autorité constituant des circonstances aggravantes. Toute relation sexuelle est un délit dès lors que la victime est un(e) mineur(e) de moins de 15 ans. Depuis 1992, la qualité de conjoint est retenue comme circonstance aggravante en cas de violences conjugales, et la jurisprudence reconnaît le viol conjugal.

Statistiques

D'une façon générale on dispose de peu de données statistiques sur cette criminalité qui n'est étudiée que depuis quelques dizaines d'années. Le Canada et les autres pays qui poursuivent avec le plus de succès les criminels sexuels semblent avoir le plus fort taux de violeurs, tandis que les pays où le viol est généralement ignoré par la société ne tiennent aucun compte de cette criminalité. On estime actuellement que le nombre réel de viols pourrait bien être 50 fois supérieur au nombre de plaintes enregistrées.

À travers le monde


- Une femme sur cinq sera victime de viol ou de tentative de viol au cours de sa vie (OMS, 1997)
- En Afrique du Sud, 147 femmes sont violées chaque jour (South African Institute for Race Relations, 2003)
- Aux États-Unis, une femme est violée toutes les 90 secondes (Ministère américain de la Justice, 2000) et 50 % des viols déclarés ont été commis au domicile de la victime. Seules 16 % des femmes signalent un viol à la police.
- En Turquie, 35,6 % des femmes subissent des viols conjugaux parfois, et 16,3% souvent (études publiées en 2000, Women and sexuality in Muslim societies [Femmes et sexualité dans les sociétés musulmanes], Éditions WWHR, Istanbul, 2000)
- En Afrique du Sud, le taux de condamnation pour viol reste bas, de 7 % en moyenne. Un tiers du nombre de viols estimés aurait été signalé en 2003 (rapport annuel de la police pour l’année se terminant en mars 2003).

France

Le viol est un phénomène de société considérable dont l'ampleur commence à être reconnue. On ne dispose de données chiffrées officielles et fiables que depuis l'enquête nationale menée en 1999 (ENVEFF). Celle-ci indique qu’au moins 48 000 femmes sont violées chaque année en France. Une femme sur 3 est victime de viol, tentative de viol ou agression sexuelle au cours de sa vie. C'est un crime sexiste : 96% des auteurs de viol sont de sexe masculin et 91% des victimes sont de sexe féminin (statistiques concordantes du Ministère de la Justice et du CFCV, Collectif Féministe Contre le Viol). Cependant on ignore le nombre réel de victimes de sexe masculin, les hommes révélant rarement ces crimes. Selon les statistiques de la permanence téléphonique nationale Viols Femmes Informations :
- 74 % des viols sont commis par une personne connue de la victime ;
- 25 % des viols sont commis par un membre de la famille ;
- 57 % des viols sont commis sur des personnes mineures (filles et garçons) ;
- 49 % des viols sont commis sans aucune violence physique ;
- 67 % des viols ont lieu au domicile (de la victime ou de l'agresseur) ;
- 45 % des viols sont commis de jour. Les statistiques du Ministère de la Justice ne sont pas révélatrices de l'ampleur du phénomène, puisqu'elles ne prennent en compte que les viols faisant l'objet d'une procédure. Or seul 1 viol sur 4 fait l'objet d'une plainte (actes des Assisses nationales contre les violences envers les femmes, 2001). Le nombre de plaintes pour viol est en constante augmentation, il a plus que doublé entre 1985 et 1995. La croissance de ce chiffre indique, moins une augmentation des crimes de viol, qu'une meilleure révélation de ceux-ci par les victimes. Selon les statistiques du Ministère de la Justice, seule 1 procédure concernant un viol sur 4 aboutit à une condamnation, et que 91 % des personnes condamnées pour viol sont de nationalité française.

Voir aussi

Articles connexes


- Agression sexuelle
- Viol en réunion
- Violence conjugale

Bibliographie


- Sidonie Matokot-Mianzenza, Viol des femmes dans les conflits armés et thérapies familiales : cas du Congo Brazzaville, L'Harmattan, 2003 (ISBN 2747536904) ;
- Catherine Morbois, Marie-France Casalis, L'Aide aux femmes victimes de viol, L'Esprit du Temps, 2002, 131 pages (ISBN 291306292X) ;
- Randy Thorpe Hill, Craig T. Palmer, Histoire biologique du viol : comprendre pour mieux se défendre, Favre, 2002, dossiers et temoignages, 325 pages (ISBN 2828906930) ;
- Samira Bellil, Dans l'enfer des tournantes, Gallimard, coll. « Folio documents », 2003, 307 pages (ISBN 2070429903) ;

Liens externes

Historiques :
- [http://www.canoe.qc.ca/artdevivrecorpsetame/aout6_02_viol_e_ca-par.html Histoire du viol sur un site canadien]
- [http://www.barreau.qc.ca/journal/frameset.asp?article=/journal/vol30/no10/grandcrime.html Autre historique sur le site du barreau canadien] Informations et aide :
- [http://www.cfcv.asso.fr/ Viols Femmes Informations - Collectif Féministe Contre le Viol (France)] : permanence téléphonique nationale d'aide aux victimes de viols. Informations, dossiers, bibliographie.
- [http://www.sosfemmes.com/ SOS Femmes Accueil] : informations, témoignages de victimes, ressources et annuaire de liens.
- [http://www.viol-secours.ch/ Viol-Secours (Suisse)]
- [http://violsecours.qc.ca/ Viol-Secours (Québec)] Catégorie:Condition féminine Catégorie:Criminalité Catégorie:Infraction sexuelle Catégorie:Droit français ja:強姦 ms:Rogol

Agression sexuelle

Catégorie:Droit français Catégorie:Infraction sexuelle En droit français, les agressions sexuelles sont, au sens large, une catégorie d'infractions pénales constituant la section III dans le chapitre II (Des atteintes à l'intégrité physique ou psychique de la personne) du titre II (Des atteintes à la personne humaine) du livre deuxième du code pénal, intitulé « Des crimes et délits contre les personnes ». Les agressions sexuelles consistent en une atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte ou surprise (art. 222-22, code pénal): il s'agit donc de tout acte de nature sexuelle, non consenti. Le code pénal distingue entre le viol, qui constitue le paragraphe premier de la section III du code pénal, et les autres agressions sexuelles, qui en constituent le paragraphe second et qui sont les faits d'agression sexuelle stricto sensu. C'est en effet par rapport au viol, crime caractérisé par un acte de pénétration sexuelle, que tout les autres faits dépourvus de pénétration sont réputés relever de l'agression sexuelle stricto sensu, délit jugé par le tribunal correctionnel.

Agression sexuelle

L'agression sexuelle, indépendante du viol, est punie de 5 ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende (art. 222-27, c. pén.).

Circonstances aggravantes

Une série de circonstances aggravantes fait passer ces maxima à 7 ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende :
- lorsque l'agression a entraîné une blessure ou une lésion (art. 222-28, c. pén.) ;
- lorsqu'elle a été commise par un ascendant ou par une personne ayant autorité sur la victime (art. 222-28, c. pén.) ;
- lorsqu'elle est commise par une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions (art. 222-28, c. pén.) ;
- lorsqu'elle est commise par plusieurs personnes, auteurs ou complices (art. 222-28, c. pén.) ;
- lorsqu'elle est commise avec usage ou menace d'une arme (art. 222-28, c. pén.) ;
- et depuis une [http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/Visu?cid=648258&indice=3&table=JORF&ligneDeb=1 loi n° 98-468 du 17 juin 1998] relative à la prévention et à la répression des infractions sexuelles ainsi qu'à la protection des mineurs, lorsque la victime a été mise en contact avec l'auteur des faits grâce à l'utilisation, pour la diffusion de messages à destination d'un public non déterminé, d'un réseau de télécommunications (art. 222-28, c. pén.).

Agression sexuelle sur mineur ou personne vulnérable

Commise sur un(e) mineur(e) de moins de quinze ans ou sur une personne dont la particulière vulnérabilité (âge, maladie, infirmité, déficience physique ou psychique, état de grossesse) est apparente ou connue de l'aggresseur, l'agression sexuelle est punie de 7 ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende (art. 222-29, c. pén.). La relation sexuelle entre un majeur et un mineur de 15 ans sans contrainte, menace ni surprise est néanmoins punie dans la loi française par un autre délit, celui d’atteinte sexuelle, qui prévoit des peines plus réduites.

Circonstances aggravantes

Une série de circonstances aggravantes fait passer ces maxima à 10 ans d'emprisonnement et à 150 000 euros d'amende :
- lorsque l'agression a entraîné une blessure ou une lésion (art. 222-30, c. pén.) ;
- lorsqu'elle a été commise par un ascendant ou par une personne ayant autorité sur la victime (art. 222-30, c. pén.) ;
- lorsqu'elle est commise par une personne qui abuse de l'autorité que lui confèrent ses fonctions (art. 222-30, c. pén.) ;
- lorsqu'elle est commise par plusieurs personnes, auteurs ou complices (art. 222-30, c. pén.) ;
- lorsqu'elle est commise avec usage ou menace d'une arme (art. 222-30, c. pén.).

Exhibition sexuelle

L'exhibition sexuelle est également prévue et réprimée dans la section III du code pénal consacrée aux agressions sexuelles. L'exhibition sexuelle n'est punissable que si, imposée à la vue d'autrui, elle a eu lieu dans un endroit accessible aux regards du public. Elle est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende (art. 222-32, c. pén.).

Voir aussi

Articles connexes


- Pornographie
- Viol

Liens externes

Informations et aide :
- [http://www.sosfemmes.com/ SOS Femmes Accueil] : informations, témoignages de victimes, ressources et annuaire de liens.
- [http://www.cfcv.asso.fr/ Viols Femmes Informations - Collectif Féministe Contre le Viol (France)] : permanence téléphonique nationale d'aide aux victimes de violences sexuelles. Informations, dossiers, bibliographie.
- [http://www.agressionsexuelle.com/ Agression Sexuelle, aide, ressources (Québec)]
- [http://www.viol-secours.ch/ Viol-Secours (Suisse)]

Sacré

Catégorie:Religion Le Sacré est une notion permettant à un groupe ou une société humaine de créer une séparation binaire (l'opposé étant le Profane) spirituelle et/ou morale entre différents éléments qui la composent, la définissent ou la représentent (objets, actes, idées, valeurs...). A l'origine, le terme est utilisé dans les groupes humains basés sur l'initiation ou la révélation pour en décrire les éléments constitutifs et fondateurs, ainsi que tout ce qui leur est relié (manifestations, organisations, etc.). Par exemple, dans la plupart des religions le Sacré désigne tout ce qui a trait au divin, à ses manifestations sur terre et au clergé qui organise son culte. Cette notion est aujourd'hui utilisée de façon plus générale dans d'autres contextes: une nation peut définir comme sacrés ses principes fondateurs; une société peut définir comme sacrées certaines de ses valeurs; etc. Les anthropologues contemporains disent d'ailleurs que la notion de Sacré est trop floue pour pouvoir être utilisée dans l'étude des religions - même s'ils continuent à travailler dessus. Les éléments du Sacré sont généralement considérés comme intouchables: leur manipulation, même en pensée, doit obeir à certains rituels bien définis. Ne pas respecter ces règles, voire agir à leur encontre, est généralement considéré comme un péché ou crime réel ou symbolique: c'est ce qu'on nomme un sacrilège. Le pire des sacrilège est la profanation, qui est défini comme l'introduction d'éléments profanes dans un enceinte sacrée (réelle ou symbolique). Notons que la notion de « Sacré » ne se trouve pas dans toutes les sociétés. Les choses sacrées sont celles que les interdits protègent et isolent, et les choses profanes étant celles auxquelles ces interdits s'appliquent et qui doivent rester à l'écart des premières. La relation (ou l'opposition, l'ambivalence) entre Sacré et Profane est l'essence du fait religieux. : Durkheim "Ce qui est sacré c’est le respect de la vie. La spiritualité c’est le respect de l’essentiel : aimer la vie, aimer toutes les vies." Bruno San Marco. Le terme est parfois utilisé par extension, éventuellement par des non-croyants, pour qualifier des valeurs qui paraissent essentielles à une civilisation (exemple : Le respect de la propriété est une chose sacrée, etc.). Il apparaît en ce sens dans la Marseillaise : Amour sacré de la Patrie Conduis, soutiens nos bras vengeurs ! Liberté, Liberté chérie, Combats avec tes défenseurs !

Mammifère

Les mammifères (Mammalia) forment un taxon inclus dans les vertébrés, traditionnellement une classe, définie dès la classification de Linné. Ce taxon est considéré comme monophylétique. Les mammifères partagent des ancêtres communs avec les reptiles et les oiseaux (qui forment avec eux le taxon des amniotes). Les plus anciens fossiles connus datent d'environ 220 millions d'années au cours du Trias. La divergence avec les autres amniotes pourrait être plus ancienne. Les os de son oreille moyenne sont clairement séparés de ceux de sa mâchoire inférieure, trait qui, dans l'évolution des espèces, les distingue des reptiles. Comme son nom l'indique, (mammifère signifie « qui porte des mamelles », du latin mamma « mamelle »), les femelles de cette classe peuvent allaiter leur progéniture. Les glandes mammaires sont une évolution des glandes sudoripares qui donnent des champs mammaires chez les protothériens et de vraies mamelles chez les autres mammifères.
Le choix de Linné, de définir cette classe par la présence de glandes mammaires et non, par exemple, de poils, autre caractéristique de la classe, répond à la classification d’Aristote, qui avait repéré un ensemble de vertébrés quadrupèdes, vivipares et porteurs de poils. Mais cette classification d’Aristote avait l’inconvénient d’exclure les cétacés et les cheiroptères, qui étaient alors classés respectivement parmi les poissons et les oiseaux. La découverte des monotrèmes (p.ex. ornithorynques) est ultérieure (1798) à la définition de Linné (1758), mais elle a confirmé la pertinence de la classification opérée par le savant. Les mammifères sont des animaux homéothermes (à « sang chaud »). Leur température corporelle est normalement constante aux alentours de 36 à 39°C. Les jeunes, certains marsupiaux, monotrèmes, xénarthres, ainsi que les mammifères qui hibernent présentent des températures variables. Bien que les mammifères sont initialement adaptés à la vie sur la terre ferme, certains se sont secondairement adaptés à la vie en milieu aquatique ou marin. Contrairement, par exemple, aux crocodiles ou aux sauriens, et bien que leur forme puisse énormément varier selon les espèces, les membres des mammifères sont situés verticalement au-dessous du corps, le maintenant en général plus haut par rapport au sol. Le pelage est une formation dermique caractéristique qui sert à la régulation thermique. Les poils ont pu évoluer en piquants, en écailles, ou en plaquettes. Le cœur est parfaitement divisé en deux oreillettes et deux ventricules.

Phylogénie

Le tableau indique une division correspondant plus ou moins aux ordres. Comme dans toute phylogénie, celle-ci reflète le savoir courant. Dans les zones d'incertitudes, citons la position des taupes dorées (ou rats-taupes, chrysochloridés) et des tenrecs (tenrécidés) qui pourraient devoir être séparés des Insectivores. Le groupement des ordres placentaires entre eux est un sujet de recherche. Une hypothèse intéressante, mais à confirmer, est celle du groupement des afrothériens, qui regrouperait les restes d'une radiation s'étant déroulée sur le Gondwana à l'époque où il était séparé de la Laurasie. Les afrothériens regroupent les proboscidiens, les hyracoïdes, les siréniens, les tubulidentés, les macroscélides, ainsi que des familles classées dans les insectivores, les rats-taupes et les tenrecs et potamogales. Cette hypothèse regroupe des 'petits' groupes, et expliquerait d'une manière unifiée leur réduction, à savoir la compétition des autres mammifères lors de la reconnexion avec l'Asie. Selon cette hypothèse, une division ancienne des mammifères placentaires consisterait en quatre groupes, les afrothériens, les xénarthres (Amérique du Sud), les euarchontoglires (regroupant primates, dermoptères, scandentiens et glires) et laurasiathériens (chiroptères, cétartiodactyles, périssodactyles et insectivores strictu sensu), ceux-ci correspondant à la radiation en Laurasie.

Classification

La classification des mammifères est complexe. D'une manière simplifiée, on reconnaît trois grands groupes de mammifères, dont le regroupement correspond au type de placentation possédé par leurs représentants :
- Les protothériens. Ce nom désigne le fait qu'ils possèdent un placenta très imparfait. Il n'y a plus aujourd'hui que 3 espèces dans ce groupe : l'ornithorynque (Ornithorynchus anatinus), l'échidné australien (Zaglossus sp.), à courtes pattes et à long nez, et l'échidné d'Océanie (Tachyglossus sp.), à longues pattes et à nez court. Ces animaux pondent des œufs non cléidoiques. Les petits, après éclosion, sont allaités par la mère.
- Les métathériens ou marsupiaux. Ils ne sont plus représentés qu'en Australie, en Océanie et en Amérique du Sud. Leur particularité est de mettre au monde des fœtus qui ne sont pas à terme : ceux-ci doivent alors s'agripper aux poils pour rejoindre la poche ventrale, ou marsupium, où ils trouveront des mamelles qui les nourriront afin d'achever leur développement. Ce marsupium peut, selon les espèces, abriter le jeune plusieurs mois après que son développement soit arrivé à terme. Les représentants les plus connus sont les kangourous, les wallabies, les koalas, les opossums et les wombats. Seules quelques espèces d'opossums vivent en dehors de l'Australie. Sur cette dernière, les marsupiaux occupent l'ensemble des niches écologiques dévouées aux placentaires sur les autres continents : il existe des taupes marsupiales blanches, comme des rats-kangourous et des opossums arboricoles.
- Les euthériens ou placentaires. Ils regroupent l'ensemble des autres mammifères. Leur principale différence avec les deux premiers groupes est qu'ils possèdent un vrai placenta, plus ou moins décidué selon les espèces, qui a pour rôle de nourrir l'embryon et le fœtus.
- Liste alphabétique des genres de mammifères
- Liste alphabétique des noms vernaculaires de mammifères

L'étude des mammifères

La discipline qui étudie les mammifères se nomme la mammalogie. Vous pouvez consulter ici une liste de mammalogistes.

Référence


- [http://www.itis.usda.gov/servlet/SingleRpt/SingleRpt?search_topic=TSN&search_value=179913 ITIS 179913]

Voir aussi

Articles connexes


- Galerie des mammifères (photographies)
- eucaryote
- règne animal
- chordé
- vertébré
- tétrapode
- Arbre phylogénétique Catégorie:Mammifère ja:哺乳類 ko:포유류 ms:Mamalia simple:Mammal th:สัตว์เลี้ยงลูกด้วยนม zh-min-nan:Chhī-leng tōng-bu̍t

Lion

Catégorie:Mammifère (noms vernaculaires) Catégorie:Félidé Catégorie:CITES annexe I Catégorie:CITES annexe II Le lion (Panthera leo) est un mammifère carnivore de la famille des félidés, c'est-à-dire des chats. Il vit principalement dans la savane africaine.

Description

Le mâle, facilement reconnaissable à sa crinière noire ou fauve, peut atteindre un poids de 250 kg, tandis que la femelle, plus petite, pèse environ 180 kg. Les lions vivent de 10 à 14 ans à l'état sauvage, et jusqu'à 20 ans en captivité. À partir de 3 ans, les mâles présentent une crinière. Celle-ci grandit et fonce avec l'âge.
- Cri du lion : Image:ltspkr.png Écouter

Comportement

Les groupes sont composés de femelles pour la plupart de la même famille, de leurs petits des deux sexes ainsi que de quelques mâles provenant le plus souvent d'autres troupes. Les petits mâles sont expulsés du groupe lorsqu'il deviennent matures (à deux ans). Ils peuvent alors constituer des "coalitions" se dispersant pour former leur propre troupe. Les jeunes femelles restent généralement avec leur mère, mais peuvent également intégrer un nouveau groupe. Une coalition de mâles peut s'accaparer une troupe de femelles, tuant les lionceaux des mâles précédants le plus souvent chassés, ce qui active le comportement reproducteur des femelles. L'aspect de la crinière joue un rôle important dans l'accès à la reproduction des mâles. Des études récentes (West & Packer, 2002) ont montré que les mâles à crinière foncée s'imposent plus facilement aux autres mâles. La taille de la crinière, même si elle joue un rôle, à une influence beaucoup moins importante. De même, les femelles choisissent plus généralement les mâles à crinière foncée. L'explication (d'après la sélection sexuelle) en est qu'une crinière sombre et épaisse constitue un handicap car elle capte, et conserve, mieux la chaleur. Les mâles ainsi handicapés, mais néanmoins "survivants", se révèlent donc être les porteurs de meilleurs gènes. Cela est avéré par le fait qu'un animal affaibli d'une manière ou d'une autre présente une crinière plus claire et moins importante (les changements d'aspect de la crinière ont été observés chez un même individu au cours du temps). Ce sont principalement les femelles qui s'occupent des petits; ceux-ci se font nourrir aussi bien par leur mère que par les autres lionnes de la troupe. Même s'il est connu sous le nom de « roi de la jungle », c'est un animal des plaines qu'on peut trouver dans toute l'Afrique. Le lion est réputé être le « Roi des paresseux », mais c'est une idée reçue provenant du fait que la chasse est le plus souvent nocturne (températures plus clémentes et avantage important procuré par l'obscurité) et donc difficilement observable. De plus, la sieste diurne, au moment où il fait le plus chaud, permet de faciliter la digestion des grandes quantités de viandes ingurgitées durant la nuit. C'est également un animal menacé et les populations significatives de lions sont localisées dans les parc nationaux du Kenya, de Tanzanie et d'Afrique du Sud

Territoire

Dans le Parc du Serengeti (Tanzanie), la densité des lions peut atteindre un individu par km². Dans l'ancien cratère du Ngorongoro, le nombre maximum d'individus est de 1,6 à 2,4 au km².

Le saviez-vous ?


- Le lion est un des rares mammifères à être doté d'un pénis dans lequel il y a un os. Cela lui autorise des copulations de très longue durée (parfois plusieurs heures).
- Il existe deux sous-espèces : africaine, Panthera leo leo, et asiatique, Panthera leo persica.
- L'espèce asiatique était présente dans les Balkans et en Anatolie durant l'Antiquité. Antiquité

Le régime des lions

Les lions se nourrissent d'une grande variété de proies grandes ou moyennes : girafe, buffle, zèbre, antilope, gnou, phacochère. Ils dévoreraient aussi des charognes et des proies plus petites. Un lion peut manger jusqu'à 40 kg de viande par repas !

La chasse

Les lions ont des techniques de chasse qui leur sont propres. La procédure la plus courante est de faire un cercle autour d'un troupeau, de gazelles par exemple ; une lionne se redresse et fait fuir les gazelles qui se jettent dans les gueules des autres lionnes. Lorsqu'ils chassent seuls, les lions adoptent les mêmes techniques que les tigres (voir la section tigre).

Voir aussi

Référence


- [http://www.itis.usda.gov/servlet/SingleRpt/SingleRpt?search_topic=TSN&search_value=183803 Rapport ITIS 183803]

Articles connexes


- Lion (symbolique)

Liens externes


- [http://www.dinosoria.com/lion.htm Le lion sur dinosoria] ja:ライオン ko:사자 th:สิงโต

Augustin d'Hippone

Augustin (Aurelius Augustinus), plus connu sous le nom de saint Augustin, est un philosophe et théologien chrétien né à Thagaste (actuelle Souk-Ahras, Algérie) le 13 novembre 354, mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba). Il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l'un des 33 Docteurs de l’Église. Les catholiques célèbrent sa fête le 28 août, anniversaire de sa mort. Sa tombe se trouve à Pavie. Saint Augustin est le seul Père de l'Eglise dont les œuvres et la doctrine aient donné naissance à un système : l'augustinisme. L'augustinisme imprégnera toute la réflexion philosophique et théologique médiévale, puis alimentera les débats lors de la Réforme protestante, puis encore le jansénisme. Les débats suscités par l'interprétation de l'augustinisme ont largement contribué aux conceptions modernes de la liberté et de la nature humaine. augustinisme

Vie d’Augustin

L’enfance et la jeunesse, de 354 à 383

Augustin narre sa jeunesse dans ses Confessions Il est né à Thagaste, d’un père berbère païen du nom de Patricius, modeste notable de la ville, et d’une mère chrétienne, Monique (son nom est punique), qui transmettra sa foi à ses enfants et gagnera son mari au christianisme à la fin de sa vie. Augustin avait un frère, Navigius, et une sœur qui sera préposée du monastère d’Hippone. La langue maternelle d’Augustin est le numide (qu'il cite clairement dans son œuvre "Les confessions") ; il connaît à peine le grec : élève indocile, il détestait l’école et craignait le châtiment de ses maîtres. Son père le destine au métier d’avocat, étape pour le haut-fonctionnariat ; Augustin étudie d’abord à Madaure, à partir de l’âge de seize ans, où les études sont centrées sur l’éloquence et la mémoire, ce qu’il blâmera dans ses confessions (livre I). Son père, bien que de condition modeste, réunit l’argent nécessaire pour l’envoyer à Carthage poursuivre des études appropriées à son intelligence précoce. C’est peu avant son départ que se situe le fameux épisode du vol des poires. Il est à Carthage à la fin de l’année 370. Son père meurt peu après, et Augustin devient le protégé de Romanianus ; il raconte le climat de sensualité exacerbée de la ville (« la chaudière des honteuses amours »), les plaisirs de l’amour et du théâtre : :« J’aimais à aimer...aimer et être aimé c’était plus doux pour moi si je pouvais jouir aussi du corps de l’être aimé. » Mais cet aspect de sa vie paraît légendaire, au vue de certains passages des Confessions : :« je feignais d’avoir fait ce que je n’avais pas fait, pour n’être pas jugé d’autant plus méprisable que j’étais plus innocent et tenu pour d’autant plus vil que j’étais plus chaste. » Il rencontre cependant la femme à laquelle il restera fidèle pendant quatorze ans, et de laquelle il aura un fils, Adeodat, dont il fait un interlocuteur dans le dialogue Du maître.
Augustin vise alors le professorat de rhétorique. Trois événements vont jouer un rôle important dans sa vie :
- Il lit l’Hortensius de Cicéron, une œuvre aujourd’hui perdue, qui suscite en lui un violent désir de sagesse : la recherche de la vérité est une profonde motivation de la personnalité d’Augustin.
- Il commence également à lire les Ecritures, dont il juge l’écriture fort grossière en comparaison de l’orateur romain.
- Il rencontre les manichéens et adhère à leur doctrine, en demeurant cependant simple auditeur : Augustin fut manichéen, au grand désespoir de sa mère qui refusa un temps de le recevoir dans sa maison, une religion dualiste pendant 9 ans, puis ébloui par le néoplatonisme de Plotin, en particulier par son principe du Un-Bien. Il retourne à Thagaste en 375 et y enseigne la grammaire. À la suite d’une victoire dans un concours de poésie, il devint un familier du proconsul de Carthage, Vindicius, un médecin qui, s’apercevant de la passion d’Augustin pour l’astrologie, parvint à l’en détourner en lui faisant voir que le succès de quelques prédictions n’est que le fruit du hasard : :« Puisqu’il arrive souvent, disait Vindicien, qu’en ouvrant à l’aventure le livre d’un poète avec l’intention d’y trouver quelque lumière dont on a besoin, on tombe sur tel vers qui s’accorde merveilleusement avec ce que l’on y cherche, bien qu’en le composant ce poète eût, sans doute, tout autre chose dans l’esprit, il ne faut pas s’étonner si, poussé par quelque instinct secret qui le maîtrise et sans même savoir ce qui se passe en lui, par pur hasard enfin et non par sa propre science, les réponses d’un homme s’accordent quelquefois avec les actions et les aventures d’un autre homme qui vient l’interroger. » Il écrit sa première œuvre, une œuvre d’esthétique, De Bono et Apto, qui est perdue, en 380. Il rencontre l’évêque Faustus avant de quitter Carthage pour Rome. Cette rencontre est pour lui décevante car l’évêque se révèle n’être qu’un agréable imposteur. Il décide de partir pour Rome.

Rome, Milan ; la conversion d’Augustin

A Rome, où il est professeur de rhétorique, Augustin est logé chez un auditeur des manichéens et fréquente la secte. Mais il doutait sérieusement de cette doctrine, et inclinait à croire les académiciens pour qui la vérité n’est pas connaissable. Il tomba malade au point de se croire mourant.
En 384, dégoûté par les attitudes de ses élèves, il gagne Milan, où il se retrouve au cœur d’une société fréquentée par les poètes et les philosophes particulièrement platoniciens. Sa mère finira par l’y rejoindre. Il y rencontre Ambroise de Milan, l’évêque de la ville dont il suivra les homélies avec assiduité. À cette époque, influencé par les discours d’Ambroise, il décide de rompre avec le manichéisme, « ne croyant pas devoir, en pleine crise de doute, me maintenir dans une secte au-dessus de laquelle je plaçais déjà un certain nombre de philosophes. » L’idée d’un combat entre le mal et le bien lui semblait absurde, car le principe mauvais du manichéisme ne pouvait en réalité rien contre un dieu immuable et éternel. Cependant, il restait la question de l’existence du mal permis par Dieu. Il songea à se marier : un riche mariage pour lequel il devait encore attendre deux ans, la jeune fille n’ayant pas encore l’âge. Or, pour rendre possible le mariage, sa concubine avec laquelle il vivait depuis quinze ans, dont on ne saura jamais le nom (elle se serait retirée dans un couvent, ne voulant plus connaître d’homme), avait été renvoyée. Ne pouvant patienter, il prît une nouvelle maîtresse. C’est vers ce moment qu’Augustin, tourmenté par le problème du mal, découvre Platon et les platoniciens. Il comprend que le mal n’est rien, mais la philosophie païenne demeure encore loin pour lui de la véritable voie, qui est la voie de Jésus. Lorsqu’il se convertit au christianisme en août 386, - tardivement puisqu’il avait presque 32 ans - en fait, il s’agit d’une religion qu’il connaît pratiquement depuis toujours. Il dit lui-même dans ses Confessions qu’il l’a tétée avec le lait de sa mère. En fait, la conversion d’Augustin, d’ailleurs très dramatique sur le plan psychologique, est moins une conversion au christianisme qu’une conversion au paulinisme. La découverte de Paul de Tarse qu’il ne connaissait pas, lui fait voir tout à fait différemment non seulement le christianisme qu’il connaissait, mais aussi le judaïsme. Il est remarquable qu’à une date aussi tardive que la moitié du IVe siècle, on puisse connaître le christianisme sans connaître Paul. À Carthage, deuxième ville de l’Empire, a donc cours un christianisme qui ne connaît pas Paul ? Il veut se faire moine. La conversion d’Augustin va de pair avec le choix de la vie monastique. En devenant chrétien, il n’envisage pas de devenir évêque ni même prêtre. Sa conversion est décrite au chapitre XII du livre VIII des Confessions :
« Ainsi, disais-je, et je pleurais dans l’extrême amertume de mon cœur broyé. Et voici que j’entends une voix venue de la maison voisine, celle d’un garçon ou d’une fille, je ne sais qui, sur un air de chanson disait et répétait à plusieurs reprises : « Prends, lis ! Prends, lis ! » Et aussitôt, changeant de visage, je me mis à réfléchir intensément, en me demandant si dans un jeu une telle ritournelle était habituellement en usage chez les enfants. Mais, il ne me revenait pas de l’avoir entendue quelque part. Et, refoulant l’assaut de mes larmes, je me levai, ne voyant d’autre interprétation à cet ordre divin que l’injonction d’ouvrir le livre et de lire le premier chapitre sur lequel je tomberais.
Je venais, en effet, d’apprendre qu’Antoine avait tiré de la lecture de l’Évangile pendant laquelle il était survenu par hasard un avertissement personnel comme si c’était pour lui qu’était dit ce qu’on lisait : «Va, vends tout ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans les cieux. Viens, suis-moi », et qu’un tel oracle l’avait aussitôt converti à Toi.
Je me hâtai donc de revenir à l’endroit où Alypius était assis ; car c’est là que j’avais posé le livre de l’Apôtre quand je m’étais levé. Je le saisis, je l’ouvris, et je lus en silence le premier chapitre sur lequel tombèrent mes yeux : « Point de ripailles ni de beuveries ; point de coucheries ni de débauches ; point de querelles ni de jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ et ne vous faites pas les pourvoyeurs de la chair dans ses convoitises. »
Je ne voulus pas en lire davantage : je n’en avais plus besoin. Ce verset à peine achevé, à l’instant même se répandit dans mon cœur une lumière apaisante et toutes les ténèbres du doute se dissipèrent »

De la conversion à l’épiscopat

Après sa conversion, Augustin abandonne le métier de rhéteur, qui commençait d’ailleurs à altérer sa santé. L’un de ses amis mit à sa disposition une villa à Cassiacum près de Milan. Il partagea ce séjour avec sa mère, son fils Adéodat, son frère Navigius, et quelques-uns de ses amis. Ils discutaient philosophie, et c’est de ce séjour que datent le Contre les Académiciens, De l’ordre, le Traité de la vie bienheureuse, les Soliloques, et des lettres.

Les œuvres de Cassiciacum

Dans le Contre les Académiciens, œuvre qui se compose de deux livres et qui met en scène les élèves d’Augustin défendant le pour et le contre, Augustin s’attache à réfuter les thèses de la Nouvelle Académie, école platonicienne dont le chef fut Arcésilas. Pour ces philosophes, l’homme ne peut connaître la vérité et le sage est celui qui suspend son jugement. Augustin pose les questions de savoir si nous sommes obligés de connaître la vérité, et si la possibilité d’être heureux sans la connaître nous dispenserait de la chercher. Or, puisque la vie heureuse est « la vie conforme à ce qu’il y a de meilleur et de plus parfait dans l’homme » on ne saurait être heureux, comme le soutient Cicéron, dans un état de recherche qui n’aboutit pas. Dire que nous sommes impuissants à découvrir la vérité, c’est dire que les facultés qui nous rendent supérieures aux animaux sont inutiles. Augustin passe en revue les philosophies hellénistiques, puis expose la thèse de Platon à propos des deux mondes, l’un intelligible et vrai et qui se dérobe aux sens, l’autre qui n’est que vraisemblable et copie le premier. Or, c’est selon lui du monde divin que descend la lumière qui éclaire l’âme, et tout ce qui est bon imite les régions supérieures. Augustin indique que les Nouveaux Académiciens ont cachés cette vérité, pour la soustraire aux attaques de leurs adversaires, et ont feint de soutenir un scepticisme dogmatique. (Cette thèse d’histoire de la philosophie a été longtemps discuté, et il semble quelle soit finalement fausse, si l’on en croit Victor Brochard, dans Les Sceptiques grecs). Mais c’est en fin de compte Dieu qui nous permet, dans notre quête de la vérité, de contempler les réalités célestes, car la raison humaine est trop faible ; la pensée d’Augustin est donc une synthèse de platonisme et de christianisme : :De quelque manière que je possède la sagesse, je vois que je ne la connais pas encore. Cependant, n’étant encore qu’à ma trente-troisième année, je ne dois pas désespérer de l’acquérir un jour ; aussi suis-je résolu de m’appliquer à la chercher par un mépris général de tout ce que les hommes regardent ici-bas comme des biens. J’avoue que les raisons des Académiciens m’effrayaient beaucoup dans cette entreprise; mais je me suis, ce me semble, assez armé contre elles par cette discussion. Il n’est douteux pour personne que deux motifs nous déterminent dans nos connaissances : l’autorité et la raison. Pour moi, je suis persuadé qu’on ne doit, en aucune manière, s’écarter de l’autorité de Jésus-Christ, car je n’en trouve pas de plus puissante. Quant aux choses qu’on peut examiner par la subtilité de la raison (car, du caractère dont je suis, je désire avec impatience ne pas croire seulement la vérité, mais l’apercevoir par l’intelligence), j’espère trouver chez les platoniciens beaucoup d’idées qui ne seront point opposées à nos saints mystères. Augustin rédige également les deux livres du traité De l’ordre, où il aborde la question de l’ordre immuable de l’univers, dont le caractère harmonieux nous échappe si nous n’en contemplons pas l’ensemble ; ceux qui restent près de la multiplicité des choses ont l’esprit borné et ne voit partout que confusion et horrible hasard. Ainsi nous étonnons-nous du désordre qui semble violer l’ordre des choses, mais une chose absolument contre l’ordre est impossible, car tout a une raison de son accomplissement et rien ne peut exister en dehors de l’ordre, dans la mesure, où pour exister, une chose doit tendre vers l’unité. Notre raison est également une telle aspiration à l’unité et au repos de la vérité immuable. C’est pour Augustin un axiome que plus une chose à d’unité, plus elle est invincible : or, la permanence et l’unité de la raison témoigne de sa constance absolue par comparaison aux choses de ce monde, et montre en conséquence l’immortalité de l’âme ; la citation suivante l’illustre, et montre l’influence de la pensée d’Augustin sur Descartes : :Si donc la raison est immortelle (et moi qui discerne et lie toutes ces choses, c’est moi qui suis la raison), je conclus que ce qui en moi est appelé mortel n’est pas moi. Or si l’âme n’est pas la raison, et que cependant, usant de ma raison, je puisse devenir meilleur, l’âme est donc immortelle. Lorsqu’elle se sera rendue suffisamment belle, elle osera se présenter devant Dieu, la source d’où le vrai découle, le père de la vérité. Pourtant, malgré l’ordre et l’unité, le mal existe, et semble difficile à concilier avec l’ordre divin universel et la toute puissance de Dieu. À partir du 13 novembre 386, jour de son anniversaire, Augustin commence avec ses amis une discussion sur la béatitude qui donnera lieu au traité de la Vie bienheureuse, où il explique que la béatitude ici-bas consiste dans la parfaite connaissance de Dieu : les hommes sont sur une mer et cherchent la vérité qu’ils rencontrent dans le port de la philosophie, s’ils ne se laissent entraîner par la vanité. Enfin, le dernier ouvrage d’Augustin datant de cette époque sont les Soliloques, où Augustin discute avec lui-même : :Je les écrivis selon mon goût et mon amour, pour trouver la vérité sur les choses que je souhaitais le plus de connaître, m’interrogeant moi-même et me répondant, comme si nous fussions deux, la Raison et moi, quoique je fusse seul : de là le nom de Soliloques donné à cet ouvrage. (Rétractations). Dans cette œuvre, la raison y est considérée comme l'œil de l’âme qui doit se purifier des choses sensibles par les vertus chrétiennes que sont la foi, la charité et l’espérance, pour s’élever aux vérités intelligibles ; ce platonisme est évidemment d’abord d’inspiration chrétienne, puisque le soleil platonicien est Dieu, dont la lumière permet la contemplation intellectuelle et morale : :Mon Dieu, faites que je vous connaisse et que je me connaisse ! Et on reconnaîtra un célèbre philosophe dans la citation suivante : :La raison : Mais toi qui veux te connaître, sais-tu si tu existes? :Augustin : Je le sais. :La raison : D’où le sais-tu ? :Augustin : Je l’ignore. :La raison : As-tu conscience de toi comme d’un être simple ou composé ? :Augustin : Je l’ignore. :La raison : Sais-tu si tu es mis en mouvement ? :Augustin : Je l’ignore. :La raison : Sais-tu si tu penses ? :Augustin : Je le sais. :La raison : Il est donc vrai que tu penses ? :Augustin: Cela est vrai. Augustin fait donc résider la certitude dans l’évidence intime de notre pensée, qui se distingue du témoignage des sens, et il définit la vérité comme ce qui est, toute vérité ayant son existence éternelle et immuable en Dieu : :Qui est assez aveugle d’esprit pour ne pas reconnaître que les figures géométriques habitent au sein de la vérité elle-même ? La certitude qu’atteint notre raison témoigne ainsi que cette dernière participe de l’éternité de la vérité, et que notre âme est immortelle. Cette argumentation sera reprise par Augustin quand il sera de retour à Milan, dans le Traité de l’immortalité de l’âme, et plus tard dans La Cité de Dieu, livre XI, 26, il dira : :En cette triple assurance, je ne redoute aucun des arguments des académiciens me disant : Quoi! et si tu te trompais ? Car si je me trompe, je suis. Qui n’existe pas, certes ne peut pas non plus se tromper ; par suite, si je me trompe, c’est que je suis. Du moment donc que je suis si je me trompe, comment me tromper en croyant que je suis, quand il est certain que je suis si je me trompe. Puisque donc j’existais en me trompant, même si je me trompais, sans aucun doute, je ne me trompe pas en ce que je sais que j’existe. De même en disant: Je sais que je me connais, je ne me trompe pas non plus, car c’est de la même manière que je connais mon existence et que je sais aussi que je me connais.

Le baptême d’Augustin

Le séjour d’Augustin à Cassiacum avait duré du 23 août 386 jusqu’au 23 mars 387. Augustin revint ensuite à Milan et se prépara au baptême en lisant Isaïe sur les conseils d’Ambroise. C’est pendant ce temps qu’il écrivit le Traité sur l’immortalité de l’âme évoqué plus haut, et d’autres ouvrages qui furent perdus de son vivant à ce qu’il semble. Il fut baptisé par Ambroise, évêque de Milan, dans la nuit du 24 au 25 avril 387 : :Combien j’étais ému ! Que de larmes s’échappaient de mes yeux, lorsque j’entendais retentir dans votre église le chœur mélodieux des hymnes et des cantiques qu’elle élève sans cesse vers vous ! Tandis que ces célestes paroles pénétraient dans mes oreilles, votre vérité entrait par elles doucement dans mon cœur; l’ardeur de ma piété semblait en devenir plus vive; mes larmes coulaient toujours, et j’éprouvais du plaisir à les répandre. (Confessions, livre 9).

Mort de Monique

Augustin partit de Milan pour rentrer à Thagaste vers août ou septembre 387, avec sa mère, Adéodat et ses amis. Mais, peu après leur arrivée à Ostie, d’où ils devaient embarquer pour l’Afrique, Monique tomba malade et mourut. Augustin nous rapporte le dernier entretien qu’il eut avec sa mère : :A peu de distance de ce jour où ma mère devait sortir de cette vie, jour que vous connaissiez, mais que nous ignorions, il était arrivé, par un effet de vos vues secrètes, comme je le crois, qu’elle et moi, nous nous trouvions seuls appuyés à une fenêtre, donnant sur le jardin de la maison qui était notre demeure à Ostie, à l’embouchure du Tibre, et dans laquelle, séparés de la foule, après la fatigue d’un long voyage, nous nous reposions en vue de la traversée : nous parlions donc là seuls, avec une douceur ineffable ; oubliant le passé, occupés de l’avenir, nous cherchions entre nous, auprès de cette vérité qui est vous-même, quelle devait être l’éternelle vie des saints, que l'œil n’a point vue, que l’oreille n’a point entendue, et qui n’est jamais montée dans le cœur de l’homme. Nous ouvrions la bouche du cœur pour recevoir les célestes eaux de cette fontaine de vie qui est en vous, afin qu’en étant inondés selon notre mesure, nous comprissions de quelque manière une aussi grande chose. (...) :Tel était notre entretien ; et si la forme et les paroles n’étaient pas les mêmes, vous savez, Seigneur, que ce jour-là, durant ce discours, le monde et tous ses plaisirs nous paraissaient bien vils. Alors ma mère dit : « Mon fils, pour ce qui me regarde, plus rien ne me charme en cette vie. J’ignore ce que je dois faire encore ici, et pourquoi j’y suis, après que mon espérance de ce siècle a été accomplie. Il n’y avait qu’une seule chose pour laquelle je désirasse rester un peu dans cette vie, c’était de te voir chrétien catholique avant de mourir. Mon Dieu m’a accordé cela au-delà de mes vœux; je te vois son serviteur, non content d’avoir méprisé les terrestres félicités ; que fais-je donc ici ? (Confessions, livre 9, §10). Elle mourut après neuf jours de maladie à l’âge de 56 ans. Après la mort de sa mère, Augustin décida de se rendra à Rome. On ignore les raisons de cette décision. Il y resta un an avant de revenir en Afrique pendant l’été 388.

Retour en Afrique

Revenu en Afrique, après cinq années d’absence, il vécu en communauté non loin de Thagaste avec ses amis et ses disciples. Il s’engage alors dans la défense de l’Église, en rédigeant les Mœurs de l’Église catholique, les Mœurs des manichéens, où il compare le comportement des chrétiens et des manichéens, et De la Grandeur de l’âme, qu’il avait commencés de composer à Rome. Il se donne pour tâche de guérir d’abord par la raison les manichéens qui, selon les chrétiens, insultent les Écritures. La raison nous permet de nous rendre meilleurs en suivant la vertu, qui, seule, nous porte vers une réalité hors de nous, qui est Dieu, le souverain bien. Mais la raison est impuissante à comprendre la nature des réalités divines, et elle a besoin de l’autorité de la parole de Dieu, de l’Ancien et du Nouveau Testaments que les manichéens rejettent sur de nombreux points : :Je pourrais, selon la médiocrité de mes lumières et de mes forces, discuter en détail toutes les paroles que je viens de rapporter, et vous exposer ici ce que Dieu m’a fait la grâce d’apprendre des merveilles qu’elles renferment, merveilles dont l’expression demeure souvent au-dessus de la faiblesse du langage. Mais il faut bien s’en garder, tant que vous serez en disposition d’aboyer contre les divins livres. L’Évangile nous défend de présenter les choses saintes aux chiens. Ne vous offensez pas si je vous parle ainsi : j’aboyais autrefois moi-même ; j’ai été de ces chiens dont parle l’Évangile. La visite des monastères romains lui donne l’idée de transformer la maison familiale en monastère : le Jardin (en 391), à l’imitation du Jardin d’Épicure. C’est à cette époque que meurt son fils Adéodat, vers l’âge de 17 ans.

Augustin évêque

Il devient prêtre puis coadjuteur de Valère, évêque de la ville d’Hippone avant de lui succéder dans la province romaine d’Afrique. En 399, les temples païens sont fermés. À cette occasion, il rédige la Catéchèse des Débutants. En 395, il entame une querelle théologique avec Jérôme, traducteur de la Vulgate à partir de la Bible hébraïque. Il considérait que rien n’avait pu échapper aux Septante. Il n’en voyait donc pas l’utilité. Il est vrai qu’Augustin était piètre helléniste et pas hébraïsant du tout ; en fait de Bible, il ne connaissait que la Vetus Africana, dont les spécialistes s’accordent à dire qu’elle n’est pas un modèle de fidélité. Il ne pouvait se rendre compte que les Septante n’avaient pas seulement traduit mais aussi complété et continué la Bible Hébraïque. Une autre querelle l’opposa à l’érudit de Bethléem concernant le commentaire de l’Épître aux Galates, sur le passage de la réprimande à Pierre attablé avec les Gentils. Il meurt lors du siège de Genséric chef des troupes Vandales en 430.

Doctrine

Ses sources


- La Bible, la Tradition de l'Église, notamment saint Cyprien de Carthage et saint Ambroise de Milan
- Le manichéisme
- Platon, Plotin, le néoplatonisme

Concepts fondamentaux

Les concepts fondamentaux de la réflexion de saint Augustin sont les suivants :
- la foi, adhésion de l’âme nous faisant saisir les principes premiers et nous mettant en possession de la vérité (la foi, si elle précède l’intelligence, n’est pas de nature à ruiner la raison) ; la foi est une croyance en quelque chose d’invisible, et Augustin répond à ceux qui affirment que l’on ne peut croire en ce qui ne tombe pas sous les sens (extérieurs ou sens interne) que nous croyons toujours à certaines choses que nous ne percevons pas, telle que, par exemple, la bienveillance d’un ami. L’esprit humain ne peut donc se passer de foi, à moins de vivre comme une bête (De la foi aux choses qu’on ne voit pas, §1). La foi aux choses invisibles n’est donc pas en elle-même irrationnelle, mais fait partie, d’une manière raisonnable et nécessaire, de la vie humaine : :Or, croire qu’on n’est pas aimé parce qu’on ne voit pas l’amour, ne pas rendre affection pour affection parce qu’on s’en croit dispensé, ce n’est pas là un acte de sagesse, mais une réserve odieuse ; et si nous ne croyons pas à ce que nous ne voyons pas, si nous nions les volontés des hommes, parce qu’elles échappent à nos yeux, il en résultera un tel trouble dans la société que tout sera renversé de fond en comble.
- l’Amour, qui consiste à désirer quelque chose pour elle-même. Augustin distingue l’amour de soi et l’amour de Dieu. Seul l’amour de Dieu est un amour authentique et juste car il n’altère pas notre être mais au contraire l’augmente. L’amour est charité et s’oppose à la concupiscence. C’est un mouvement de l’âme vers ce qu’elle désire, et en ce sens, l’appétit naturel de l’âme est l’amour qui l’entraîne vers Dieu (idée que reprendront plus tard Thomas d'Aquin, et à la limite Baruch Spinoza dans les limites de la définition particulière que ce dernier établira de « Dieu »). Voir aussi entéléchie.
- Le libre arbitre et la grâce. La liberté est pour Augustin correspondance entre la volonté humaine et la volonté divine ; elle n’est donc pas un choix, mais une sorte de nécessité à se conformer à l’ordre divin. Il existe toutefois deux sortes de liberté : la liberté parfaite qui précède la chute où l’homme est libre entièrement, parce qu’il fait de lui-même le bien, qu’il est ce bien qu’il réalise ; une liberté imparfaite, après la chute, qui témoigne de la corruption de la nature humaine, autrement dit de la mauvaise utilisation de sa volonté. Quand l’homme est bon malgré tout, ce n’est pas de son fait, mais par la grâce de Dieu.
- la Raison, conçue comme faculté discursive, n’entrant pas en conflit avec la foi, mais la complétant : il faut, en effet, comprendre pour croire ;
- La Mémoire, source de l’identité personnelle, est une faculté de la pensée, conscience des temps passé, présent et à venir. Cette faculté permet l’intelligence et la volonté. C’est par la mémoire que l’âme se rappelle d’elle-même et reprend possession d’elle-même. Quand l’âme se cherche elle-même, après s’être perdue par concupiscence, elle se retrouve par la mémoire, qui est alors un mouvement de l’être vers Dieu.
- la notion de devenir historique explicitement formulée dans :
  - le supersessionisme exprimé à l’encontre du judaïsme
  - le fait que, par l’incarnation, Dieu soit intervenu dans le cours naturel du monde est un événement fondamental qui donne son sens à la cité des hommes et à son devenir vers la Cité de Dieu. Voir [http://www.assomption.org/Ressources/ItinerairesAugustiniens/IA23/TpsEtHistoire.html Le temps et l'Histoire dans la cité de Dieu]
- Il est une des principales sources de la doctrine du Péché originel et de l’exclusivisme, du mépris du monde et de doctrines "culpabilisant" l’exercice humain de la sexualité. D’aucuns lui attribuent aussi :
  - l’origine de la misogynie dans les religions d’autorité issues du christianisme
  - une responsabilité dans l’antisémitisme chrétien.
- La guerre sainte", en fait, dans son vocabulaire la guerre juste, comme le montre ce passage de la Lettre 185 d'Augustin à Boniface, préfet militaire en charge de la répression des donatistes:
"Les martyrs sont ceux dont le Seigneur a dit : "Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice " (Matthieu V, 10) Ce ne sont donc pas ceux qui souffrent persécution pour l'iniquité et pour la division impie de l'unité chrétienne qui sont véritablement martyrs, mais ceux qui sont persécutés pour la justice. Agar aussi a souffert persécution de la part de Sara (Genèse, XVI, 6). Celle qui persécutait était sainte, celle qui était persécutée ne l'était pas. (...) Si nous examinons même plus attentivement la chose, on verra que c'était plutôt Agar qui, par son orgueil, persécutait Sara que Sara ne persécutait Agar en la punissant (...) Si nous voulons donc être dans le vrai, disons que la persécution exercée par les impies contre l'Eglise du Christ est injuste, tandis qu'il y a justice dans la persécution infligée aux impies par l'Eglise de Jésus-Christ. (...) L'Eglise persécute pour retirer de l'erreur, les impies pour y précipiter. Enfin, l'Eglise persécute ses ennemis et les poursuit jusqu'à ce qu'elle les ait atteints et défaits dans leur orgueil et leur vanité, afin de les faire jouir du bienfait de la vérité, les impies persécutent en rendant le mal pour le bien, et tandis que nous n'avons en vue que leur salut éternel, eux cherchent à nous enlever notre portion de bonheur sur la terre. Ils respirent tellement le meurtre qu'ils s'ôtent la vie à eux-mêmes, quand ils ne peuvent l'ôter aux autres. L'Eglise, dans sa charité, travaille à les délivrer de la perdition pour les préserver de la mort; eux, dans leur rage, cherchent tous les moyens de nous faire périr, et pour assouvir leur besoin de cruauté, ils se tuent eux-mêmes, comme pour ne pas perdre le droit qu'ils croient avoir de tuer les hommes."

Le problème du temps

Augustin reste connu comme auteur de la fameuse boutade «
Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus » (Confessions). Mais il cherche tout de même à défricher ce mystère. Il admet avec les philosophes que pour l’homme « Il y a trois temps, le présent du passé, le présent du futur et le présent du présent », mais se refuse à considérer que Dieu puisse être, comme l’homme, prisonnier du temps, et en particulier impuissant à connaître l’avenir. Il estime que l’ensemble des instants de l’univers doit être, pour ce dernier, « omnia simul » : tout est présent à la fois, simultané, sans succession, éternel. Le chapitre 11 des Confessions indique clairement que pour Augustin Dieu a tiré du néant de concert la matière comme le temps : comment en effet définir quoi que ce soit qui ressemble au temps en l'absence de matière ? La question de Dieu hors du temps semble mal se concilier avec une toute-puissance à changer le futur. Ce problème ne recevra pas de proposition de solution avant Hugh Everett en 1957, et Augustin ne pouvait donc tenir compte du modèle de celui-ci.

Le problème du mal

Une phrase de
La Cité de Dieu résume la position d'Augustin sur la question de Dieu, de ses créatures, et du choix du mal par celles-ci : "Dieu n'aurait pas créé un seul des anges - que dis-je, un seul des hommes ! - dont il avait prévu qu'ils seraient méchants, s'il n'avait su aussi bien à quel usage des bons il pouvait les faire servir, et comment il pouvait par là rehausser la suite des siècles par des sortes d'antithèses, comme on le fait pour un très beau poème". (XI, 18)

Péché originel

voir article spécialisé Péché originel

Décri de la sexualité et "misogynie"

Sexualité

Uta Ranke-Heinneman (
op. cit. en bas de page) explique qu’il est très exagéré de lui attribuer 100 % de la responsabilité en la matière. En effet, le christianisme du IV siècle développe sa morale à partir du néo-platonisme et des conceptions médicales du stoïcisme. Celles-ci imposent le tabou menstruel qui fonctionne du IV au XIX siècle. Un développement plus étoffé sur ce sujet dans http://www.womenpriests.org/fr/body/body_ovr.htm Corps, sexe et genre [fr]. D'autre part, la médecine de Galien de Pergame 129-210 de l’ère commune imagine que l’émission de sperme affaiblit l’homme (au sens de vir) tandis que la femme béante serait d’un désir effréné et ne connaîtrait pas ce problème. À l’opposé de nombreux Pères de l’Église qui avaient condamné la sexualité comme un mal en soi, une conséquence de la Chute ou une invention du diable, Augustin a reconnu que la sexualité devait nécessairement appartenir à l’Idéal originel de Dieu pour l’homme et la femme, mais qu’ils l’avaient détournée de sa fonction originelle. Pour Augustin, ce qui constitue le péché, ce n’est pas l’acte sexuel, mais la motivation charnelle et égoïste. Augustin identifie donc le fruit défendu à la concupiscence. Cette interprétation ne fait que déplacer le problème, car dans les effets, cela revient au même :
« Des milliers de jeunes gens et de jeunes filles dédaignent le mariage et vivent dans la chasteté sans que personne en soit surpris, alors que Platon, pour en avoir fait autant, dit-on, fut à ce point intimidé par les idées perverses de son temps qu’il sacrifia à la nature pour abolir ce passé (...) Dans les villes et les cités, enfin dans les bourgs, les villages, la campagne même et les domaines particuliers,on accepte et on désire ouvertement se détourner des biens terrestres vers le Dieu unique et véritable, à tel point que chaque jour, par le monde entier, d’une seule voix ou presque, le genre humain répond : « Les cœurs sont en haut, près du Seigneur. » (...) » Augustin, De vera religione, III. 3 et V

Femmes ou sagesse

Pour Augustin, la fréquentation des femmes en vue du plaisir et de la paternité est un obstacle pour l’âme : :
Sous quelques traits que tu me la représentes, fût-elle comblée de tous les dons, il n’est rien que je sois aussi résolu d’éviter que le commerce d’une femme. Car il n’est rien, je le sens, qui abatte davantage l’essor de l’esprit que les caresses d’une femme et cette union des corps qui est de l’essence du mariage. C’est pourquoi, si c’est un des devoirs du sage, ce que je n’ai point encore examiné, de chercher à avoir des enfants, celui qui s’unit à une femme dans ce seul but me paraît plus digne d’être admiré que d’être imité ; car il y a plus de danger dans cette tentative que de bonheur à y réussir. Aussi je me suis obligé assez justement et assez utilement, je crois, pour la liberté de mon âme, à ne désirer, à ne rechercher, à ne prendre aucune femme. (Soliloques, §10).

Femmes et hommes

Antisémitisme chrétien ?

Si donc ce peuple n’a pas été détruit jusqu’à entière extinction, mais dispersé sur toute la surface de la terre, c’est pour nous être utile, en répandant les pages où les prophètes annoncent le bienfait que nous avons reçu, et qui sert à affermir la foi chez les infidèles. (...) Ils ne sont donc pas tués, en ce sens qu’ils n’ont pas oublié les Ecritures qu’on lisait et qu’on entendait lire chez eux. Si en effet ils oubliaient tout à fait les saintes Ecritures, qu’ils ne comprennent pas du reste, ils seraient mis à mort d’après le rite judaïque même; parce que, ne connaissant plus la loi ni les prophètes, ils nous deviendraient inutiles. Ils n’ont donc pas été exterminés, mais dispersés; afin que n’ayant pas la foi qui pourrait les sauver, ils nous fussent du moins utiles par leurs souvenirs. Nos ennemis par le cœur, ils sont par leurs livres, nos soutiens et nos témoins. (De la foi aux choses qu’on ne voit pas, §6). Saint Augustin entretenait des relations avec les rabbins de sa région et les consultait pour des points de traduction de l'hébreu, comme en atteste sa correspondance avec saint Jérôme.

Exclusivisme

Les attaques d’Augustin contre les Manichéens sont omniprésentes dans l'œuvre du « père de la grâce ». Plusieurs de ses traités y sont entièrement consacrés, et les allusions au manichéisme sont partout dans les autres traités, sermons, lettres, écrits divers ; naturellement aussi dans ses œuvres majeures que sont
Les Confessions et La Cité de Dieu. Elles y sont aussi, bien évidemment, dans le De vera religione. Une partie importante de l'œuvre d’Augustin combat les hérésies. L’Église triomphante utilise ce terme pour désigner certaines tendances du christianisme naissant qui n’ont pas prévalu et s'écartent de la foi telle que définie par l'autorité ecclésiastique (notamment les Conciles). Augustin combat Mani lui-même qui se disait disciple du Christ, même si le manichéisme est fort éloigné de l’Évangile. Il combat les donatistes et les pélagiens, dont la doctrine est chrétienne. D’ailleurs, ils se disent chrétiens, mais leurs adversaires les nomment donatistes ou pélagiens, ce sont leurs adversaires. Ils se disputent tous le nom de Chrétiens. Augustin est parfois partisant de la contrainte contre les hérétiques :
« La force de la coutume était une chaîne qu’ils n’auraient jamais rompue, s’ils n’avaient été frappés de la terreur des puissances séculières et si cette terreur salutaire n’avait appliqué leur esprit à la considération de la vérité. »
Voire de la persécution quand il est préfet militaire en charge de la répression des donatistes :
« La persécution exercée par les impies contre l’Église du Christ est injuste, tandis qu’il y a justice dans la persécution infligée aux impies par l’Église de Jésus-Christ.(...) L’Église persécute par amour ; les impies par cruauté.(...) Enfin l’Église persécute ses ennemis, et ne cesse point de les poursuivre qu’elle ne les ait atteints et défaits, c’est-à-dire, qu’elle ne leur ait fait mettre bas les armes du mensonge, et qu’elle ne les ait établis dans la vérité; eux au contraire nous rendent le mal pour le bien, et au lieu que ce n’est que pour leur procurer la vie éternelle que nous travaillons, ils cherchent à nous ôter la vie temporelle; ils ne respirent que meurtre et que carnage; et cela va même à un tel excès que quand ils ne peuvent assouvir leur fureur en ôtant la vie aux autres, ils se l’ôtent à eux-mêmes. » Augustin d’Hippone, Lettre 185 à Boniface,

Influence sur l’histoire de la philosophie

Pour le Moyen-Âge, voir saint Bonaventure et l'article augustinisme. Pour le XVII siècle, voir en particulier : Descartes, Malebranche, Leibniz. Le nombre de lecteurs de saint Augustin est innombrable : c'est un auteur majeur. Au XXe siècle, p.ex. Camus a rédigé un DEA sur saint Augustin.

Une erreur d’appréciation augustinienne : les antipodes

Sur le plan de l’Histoire des idées en physique, et bien qu’il ne fût pas physicien, saint Augustin reste connu pour son refus d’admettre la théorie des antipodes et pour l’avoir publiquement qualifiée de
ridicule. Tous les peuples marins ont constaté depuis longtemps, bien entendu, la rotondité de la mer, et adapté leurs phares et les hunes de leurs navires en conséquence. Augustin refusait néanmoins d’y voir une preuve de la rotondité de la Terre (connue depuis Aristarque de Samos, dont il ne pouvait ignorer l'œuvre et qui avait même calculé une estimation de sa taille). Sans doute estimait-il cette courbure comme l’analogue à taille gigantesque d’une goutte d’eau ou de l’effet de ménisque d’un verre trop rempli : les Grecs, puisqu’ils n’avaient rien écrit sur la question, n’avaient tout simplement pas vu le phénomène, et tiraient de la convexité de la mer une conclusion délirante et fausse. Cette opinion personnelle qu’il enseignait à qui voulait l’entendre, ne constituant pas un point de dogme, n’engageait toutefois pas sa responsabilité d’évêque, pas plus que cette dernière ne l’autorisait à exciper d’une autorité quelconque dans ce domaine. On se borna à signaler ce qu’il pensait du sujet.

Points de vue et jugements

L'Eglise catholique romaine

Augustin dit saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone, auteur et théologien chrétien. Son influence sur la théologie de l’Église occidentale est primordiale. L'"augustinisme" a imprégné tout le Moyen-Âge et inspiré la plupart des débats et systèmes de pensée ultérieurs. Considéré comme un des Pères de l’Église, il a également toujours été compté parmi les Docteurs de l’Église.

Les Eglises orthodoxes

Les Patriarcats orthodoxes ne font pas un saint d’Augustin d’Hippone. Il est considéré comme un bienheureux, au même titre que Jérôme. Autrement dit, d’un point de vue orthodoxe, leurs vies furent en tous points exemplaires, mais leurs doctrines comportaient des erreurs.
- [http://orthodoxinfo.com/inquirers/bless_aug.htm Place in the Orthodox Church: A Corrective] [en]
- [http://www.stgeorge.bc.ca/Saints/Display.cfm?SaintID=7 point de vue copte] [en] Ils sont fêtés ensemble le 15 juin dans l'Église roumaine. Cette fête est secondaire car le 15 juin est le jour du saint prophète Amos dans l'ensemble des patriarcats orthodoxes. Il semble donc qu'elle n'ait lieu que localement, en Roumanie. Les Roumains ont tendance à orner les églises de fresques d’auteurs latins comme les Grecs de leurs philosophes païens (Platon, Socrate, Héraclite, à cause de l’usage qu’ils firent du terme
logos).

Les Nord-Africains

La figure de saint Augustin est très populaire dans la terre qui l'a vu naître et mourir. Il est "le plus illustre des Algériens", comme cela a été souligné lors d'un grand colloque scientifique international à Alger et Annaba, en 2001 ("Africanité et universalité de saint Augustin"). Les Berbères/Amazigh reconnaissent en Augustin un des leurs et une partie de leur patrimoine. C'est également le cas des Algériens en général, ainsi que, dans une certaine mesure, des Tunisiens.

Humanistes du Siècle des Lumières

La notion d’humanisme n’ayant de signification que relative - à ce titre, elle n’est d’ailleurs pas exclusive du christianisme dans une quelconque de ses formes. On donnera donc le point de vue des hommes des Lumières

Point de vue de Pierre Bayle

Il considère l’exclusivisme ou augustinisme, et se montre naturellement, en tant que protestant, critique envers l'Eglise catholique

Point de vue d’Isaac de Beausobre

« Pour moi, que le ciel a préservé de l’Esprit de l’Église, qui ne connais point de plus grand bien que la liberté de penser, de plus douce occupation que la recherche de la Vérité, ni de plus grand plaisir quer celui de la trouver et de la dire, pour moi, dis-je, j’ai étudié l’histoire de l’Église avec le moins de préjugé qu’il m’a été possible. Et comme l’histoire des sectes en fait une partie très considérable, dès que j’eus ôté le bandeau du préjugé, je m’aperçus bientôt qu’il n’y en avait point de plus falsifiée et je regardai ces fausses histoires d’un œil bien différent de celui dont on a coutume de les regarder. Comme j’aime beaucoup, par la grâce de Dieu, la religion de notre Sauveur et que je donne toute mon attention à la confirmer, les extravagances, les impudicités, les abominations que l’on a attribué à quantité de sociétés qui invoquaient le nom de Jésus-Christ, me parurent autant d’outrages que l’on faisait au christianisme.Je ne pus lire sans indignation ces histoires évidemment fabuleuses des anciennes sectes, que l’on charge à l’envie d’erreurs monstrueuses et de cérémonies infâmes. Tout cela est l’ouvrage d’un sèle indiscret, d’une impudente crédulité, très souvent de la précipitation et du mal entendu. (...) Commençons par une réflexion commun e mais malheureusement trop véritable. De tous temps, les sectes rivales se sont mutuellement accusées de mystères profanes ou ridicules. Les païens en ont accusé les Juifs ; les Juifs en accusèrent les Chrétiens et publièrent partout que les incestes d'Œdipe et les festins de Thyeste étaient leurs cérémonies sacrées. Les Chrétiens rejetèrent ces crimes sur les Gnostiques. Nous les connaissons par Plotin qui lels a combattus. Ce philosophe sévère et régulier ne leur reproche aucune de ces crimes. Il les taxe seulement d’orgueil et remarque que leur maxime générale était qu’il fallait regarder à Dieu et à l’imiter (...)
Quoi qu’il en soit, c’était l’ancien et constant usage de toutes les sectes de se calomnier mutuellement ; les Grecs le font à l’égard des Latins, les Latins à l’égard des Grecs et les Grecs et les Latins à l’égard des communautés orientales. On sait ce que l’on a publié contre les Vaudois et les Albigeois et au commencement du XVIème siècle contre les Luthériens et les Réformés. si l’Église romaine était venue à bout de les extirper dès leur naissance, ils passeraient aujourd’hui pour les plus infâmes hérétiques, d’où je conclus qu’il ne faut pas ajouter foi légèrement à ce que quelques-uns des Pères nous disent des Mystères des Manichéens. L’accusation la plus commune et la plus ancienne est qu’ils usaient de magie. On la trouve dans les Actes d’Archelaüs. La raison l’a fait tomber, je vais faire tomber celle de l’obscénité, encore plus incroyable que l’autre.
Je ne répèterai pas ce que Cyrille et saint Augustin nous disent de l’Eucharistie manichéenne... » (Isaac de Beausobre, Histoire de Manichée et du Manichéisme, Amsterdam, 1739)

Bibliographie

Œuvres


-
83 Questions
-
Contre les Académiciens
-
Contre Adimantus
-
Contre un adversaire de la Loi et des Prophètes
-
Immortalité de l’Âme
-
De la Grandeur de l’Âme
-
Âme et son Origine
-
Des deux Âmes
-
Doctrine des Ariens
-
Contre la Doctrine des Ariens
-
Avantages de la Viduité
-
Du Baptême contre les Donatistes
-
Unité du Baptême
-
Du Cantique Nouveau
-
Traité du Catéchisme
-
Discours au Peuple de l’Église deCésarée
-
Chant Populaire contre les Donatistes
-
La Cité de Dieu
-
Du Combat Chrétien
-
Les Confessions
-
De la Continence
-
De la Correction et la Grâce
-
Contre Cresconius - Manichéen
-
Des Devoirs à rendre aux Morts
-
De la Discipline Chrétienne
-
De la Divination des Démons
-
Doctrine Chrétienne
-
Avertissement aux Donatistes
-
Résumé d’une Conférence avec les Donatistes
-
Traité de l’Espérance, Foi et Charité
-
De l’Esprit et de la Lettre
-
L’accord entre les Évangiles
-
Questions sur les Évangiles
-
Traité sur l’Évangile de saint Jean - 124 traités
- 17
Questions sur l’Évangile de saint Matthieu
-
Contre Fauste, manichéen
-
Conférence avec le manichéen Félix
-
Foi aux choses qu’on ne voit pas (De la)
-
Foi et Œuvres (De la Foi et des Œuvres)
-
Foi et Symbole (De la Foi et du Symbole)
-
Fortunat (Conférence avec)
-
Gaudentius (Réfutation de la Doctrine de)
-
Grâce de Jésus-Christ et Péché Originel
-
Genèse - commentaire contre les Manichéens
-
Genèse - commentaire au sens littéral
-
Genèse - autre commentaire sur le début de la Genèse
-
Grâce et du Livre Arbitre (Traité de la)
-
Heptateuque (Locutions sur l')
-
Hérésies (Des)
-
Job - Annotations sur le livre de Job
-
Juifs (Contre les)
-
Julien (Contre - pélagien)
-
Julien (Contre la 2e Réponse de - pélagien)
-
Lettres
-
Lettre Fondamentale (Réfutation de l' - épître manichéenne)
-
Lettre aux Galates (Commentaire de)
-
Lettre aux Romains - explication de propositions
-
Libre Arbitre (Traité du)
-
Maître (Du)
-
Mariage (Les Biens du)
-
Mariage et Concupiscence
-
Maximin (Conférence avec)
-
Mensonge (Du)
-
Mensonge (Contre le)
-
Mérite, Rémission des Péchés, Baptême des Petits Enfants
-
Miroir Sacré (Le)
-
Mœurs de l’Église catholique et des Mœurs de Manichéens (Des)
-
Musique (Traité de la)
-
Nature du Bien (De la)
-
Nature et de la Grâce (De la)
-
Ordre (De l')
-
Orose (à Orose sur les Priscillianistes et les Origénistes)
-
Patience (De la)
-
Parménien (Réfutation d’un écrit de)
-
Parthes (saint Jean) (Epitre aux)
-
Pélage (Actes du Procès de)
-
Perfection de la Justice de l’homme (De la)
-
Persévérance (Du Don de la)
-
Pétilien (Contre les lettres de)
-
Prédestination des saints
-
Psaumes (Discours sur les)
-
Règle de saint Augustin (La)
-
Rétractations (Les)
-
Ruine de Rome (La)
-
Rusticianus (Sur le sous-diacre)
-
Secundinus - Réfutation par Augustin
-
Sermons Détachés
-
Sermons sur l’Ancien Testament
-
Sermons sur l’évangile de saint Matthieu
-
Sermons sur l’évangile de saint Marc
-
Sermons sur l’évangile de saint Luc
-
Sermons sur l’évangile de saint Jean
-
Sermons sur les Actes des Apôtres
-
Sermons sur divers passages de l’Écriture sainte
-
Sermons pour les Solennités et Sermons Panégyriques
-
Sermons Inédits (201 sermons)
-
Sermon sur la Montagne (Explication du)
-
Soliloques (Les) - Connaissance de Dieu et de l’âme humaine
-
Symbole (Du)
-
Travail des Moines (Du)
- Trinité [La] (22 livres)
-
Unité de l'Église (Traité de l' - Contre les Donatistes)
-
Utilité de la Foi
-
Utilité du Jeûne
- Vie Bienheureuse (De la)
- Vraie Religion (De la)

Études


- La source de cet article pour la partie biographique est
[http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/histoire/index.htm Histoire de saint Augustin], Poujalat, 1864.
- Hannah Arendt,
Le concept d’amour chez saint Augustin
- Marie Balmary,
Abel ou la traversée de l’Eden, éd. Grasset
- Peter Brown,
La Vie de saint Augustin, Collection : Points Histoire (287), ISBN 2020386178. 2001.
- Étienne Gilson,
Introduction à saint Augustin
- Régis Jolivet,
Saint Augustin et le néo-platonisme chrétien
- Serge Lancel,
Saint Augustin, Paris, Fayard, 1999.
- Henri-Irénée Marrou,
Saint Augustin et la fin du monde antique [1937], Paris, De Boccard, 1983.
- Henri-Irénée Marrou,
Saint Augustin et l'augustinisme, Paris, Le Seuil, 1955.
- Uta Ranke-Heinemann,
Des Eunuques pour le royaume des cieux : L’Eglise catholique et la Sexualité, collection Pluriel, 1987. ISBN 2010190068
- Virginie Mayet,
Saint Augustin et la superstition dans les livres I à X de la Cité de Dieu consacrés à la critique du paganisme (http://www.geocities.com/Athens/Oracle/3099/SASupers.htm ), (mémoire de maîtrise de philosophie)
- Bertrand Vergely,
Saint Augustin ou la Découverte de l'homme intérieur. – Toulouse : Milan, coll. « Les essentiels Milan » n° 256, 2005. – 63 p., 18 cm. – ISBN 2-7459-1324-7.

Voir aussi

Articles connexes


- Christianisme
- Histoire du christianisme
- Auteurs par ordre alphabétique A

Liens externes


- [http://www.augustinus.it/latino/index.htm Opera Omnia]
- [http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/index.htm Œuvres]
- [http://www.bone-algerie.com/hippone.html Hippone, ville d'Algérie]
- Écouter [http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture_(aod)/VENDREDIPHILO/VENDREDIPHILO200402130910.ram les vendredis de la philosophie, 13 février 2004] Catégorie:Jansénisme Catégorie:Algérie Catégorie:Docteur de l'Église Catégorie:Père de l'Église Catégorie:Théologien algérien Augustin Augustin Augustin Catégorie:Philosophie médiévale grec Ἀλέξανδρος Γ' ὁ Μακεδών / Alexandros III o Makedôn, Alexandros signifiant « protecteur de l'homme ») (21 juillet 356 av. J.-C.13 juin 323) est sans aucun doute le souverain le plus célèbre de l'Antiquité. Fils de Philippe II de Macédoine, élève d'Aristote et roi de Macédoine en 336 av. J.-C. il est l'un des plus grands conquérants de l'Antiquité, fait de son petit royaume le maître de l'immense empire achéménide et s'avance jusqu'aux rives de l'Indus. Il fonde aussi de nombreuses cités et notamment Alexandrie en 331 av. J.-C.. Le mythe d'Alexandre s'explique principalement par ses prétentions à la conquête universelle (du monde entier). Cette aspiration, à la fois impossible et presque réalisée avant qu'il ne soit foudroyé à l'âge de 33 ans, eut comme conséquence — durant un temps très court — une unité politique jamais retrouvée ensuite entre l'Occident et l'Orient. L'héritage d'Alexandre, également marqué par les cultures grecque, occidentale, et orientale, fut partagé entre ses généraux : il s'agit des différents royaumes et dynasties de la période hellénistique. période hellénistique] Alexandre est le fils de Philippe II de Macédoine et d'Olympias, princesse d'Épire, sa troisième femme. Par sa mère, il est le neveu d'Alexandre le Molosse, roi d'Épire, territoire qui se situe de nos jours entre la région grecque d'Épire et le Sud de l'actuelle Albanie. La légende veut qu'Olympias n'ait pas conçu Alexandre avec Philippe, qui avait peur d'elle et de son habitude de dormir en compagnie de serpents, mais avec Zeus. Alexandre se servit de ces contes populaires à des fins politiques, faisant référence au dieu plutôt qu'à Philippe quand il évoquait son père. Une autre légende, d'origine égyptienne celle-là, (Roman d'Alexandre) veut qu'Alexandre soit le fils du dernier pharaon égyptien de la XXX dynastie, Nectanébo II. Par son père Philippe II, Alexandre descendrait de Téménos d'Argos, lui-même descendant d'Héraclès, fils de Zeus — pour cette raison, la dynastie macédonienne s'appelle dynastie des Argéades ou des Téménides. Par sa mère, Olympias, de la dynastie des Éacides, Alexandre affirmait descendre de Néoptolème, fils d'Achille et de Déidamie.

Enfance et éducation

Située dans le Nord de la Grèce actuelle, la Macédoine est l'une des régions pélasgiques antiques. La langue parlée est alors l'un des nombreux dialectes grecs, cependant, dès l'époque du roi Archélaos (fin du ), la langue officielle de la cour et de la chancellerie macédonienne devient l'ionien-attique. Philippe, qui a séjourné à Thèbes comme otage (entre 369 et 367 av. J.-C.), le parle pour sa part couramment. Après avoir été éduqué par Léonidas et Lysimaque d'Acarnanie, Alexandre reçoit pour précepteur le philosophe Aristote de 343 à 340 av. J.-C. Ce dernier est le fils de Nicomaque, médecin d'Amyntas III, le grand-père d'Alexandre. Il rédige une édition annotée de lIliade pour son élève. Alexandre lit également Hérodote et Xénophon, auteurs qu'il sut exploiter lors de ses conquêtes. Plusieurs compagnons d'enfance d'Alexandre se retrouveront à ses côtés lors de la conquête de l'Asie.

Le roi de Macédoine

Un prince associé au pouvoir

Asie Bien que considéré comme barbare par les Athéniens, le royaume de Macédoine a, sous le règne de Philippe, étendu son hégémonie sur la Grèce classique. Il vainc Athènes aux Thermopyles en 352 av. J.-C., intervient dans un conflit entre Thèbes et les Phocidiens, triomphe d'une coalition d'Athènes et de Thèbes à la bataille de Chéronée, en 338 av. J.-C.. Alexandre y fait ses preuves en commandant la cavalerie et en taillant en pièces le bataillon sacré des Thébains. Philippe est également l'initiateur de la ligue de Corinthe, rassemblant toutes les cités grecques, à l'exception de Sparte, sous son commandement. La ligue doit porter la guerre contre l'Empire perse. En 340 av. J.-C., en l'absence de son père parti assiéger Byzance, Alexandre devint régent de Macédoine. En 337 av. J.-C. cependant une violente dispute oppose le père et le fils quand Alexandre prend le parti de sa mère Olympias à laquelle Philippe souhaite imposer Cléopâtre, sœur ou nièce d'un général de Philippe, Attale, comme seconde épouse
légitime et dont il a bientôt un fils. Alexandre doit se réfugier dans la famille de sa mère en Épire. Cependant la brouille ne dure guère et bientôt pardonné Alexandre sauve la vie de son père lors d'une expédition contre les Triballes.

L'élimination de tout rival potentiel

En 336 av. J.-C. Philippe est assassiné lors du mariage de sa fille Cléopâtre avec le roi Alexandre le Molosse d'Épire, le frère d'Olympias. L'assassin supposé est un ancien officier du roi, le jeune noble Pausanias, qui gardait une dent contre Philippe, le dernier ayant ignoré une demande qu'il lui aurait faite. Les historiens de l'Antiquité ont longtemps cru que le meurtre de Philippe avait été une machination impliquant Olympias et peut-être Alexandre. Une autre hypothèse nie l'implication d'Alexandre et met en cause Darius III, le nouveau roi de Perse. Plutarque mentionne une lettre virulente d'Alexandre à Darius, où le Macédonien blâme Darius (et Bagoas, son grand vizir, dont Darius III se débarrasse rapidement), pour le meurtre de son père, soutenant que c'est Darius qui s'était vanté auprès des differentes cités grecques de la façon dont il avait fait assassiner Philippe. Après la mort de Philippe, l'armée proclame Alexandre, alors âgé de 20 ans, nouveau roi de Macédoine. Les villes grecques comme Athènes et Thèbes, qui avaient prêté allégeance à Philippe, ne sont pas si pressées de faire de même vis-à-vis du jeune homme. Alexandre ordonne immédiatement l'exécution de tous ses rivaux potentiels. Ainsi, pour ne pas avoir de concurrent au trône, il fait assassiner son cousin Amyntas IV, roi de Macédoine vers 360 av. J.-C./359 av. J.-C. que Philippe II avait renversé alors qu'il n'était qu'un enfant. Quant à Olympias, profitant d'une absence de son fils parti guerroyer au nord, elle fait tuer le fils de Philippe II et de Cléopâtre et contraint cette dernière à se pendre. L'oncle de cette dernière, Attale, qui se trouve en campagne en Asie avec Parménion, est également assassiné. Impossible de savoir si elle agit avec l'assentiment d'Alexandre ou non ; toujours est-il que le nouveau roi de Macédoine n'a plus de rival capable de lui contester le trône.

La consolidation du pouvoir

Il n'est pas seulement roi des Macédoniens, mais aussi, comme son père, archonte à vie des Thessaliens et
hégémon (ἡγεμών, « commandant en chef ») et stratège autoproclamé de la ligue de Corinthe. De fait, la politique de la Ligue est entièrement dictée par les macédoniens Philippe puis Alexandre. Cependant, avant de reprendre le projet de son père de porter la guerre en Asie, il assure la sécurité de son royaume par deux expéditions au nord de la Macédoine; l'une jusqu'au Danube, l'autre en Illyrie révoltée (fin de l'année 336 av. J.-C. et début de l'année 335 av. J.-C.). Suivant Strabon et Arrien, des émissaires celtes — les ancêtres des Scordisques du milieu du  — rencontrèrent Alexandre sur le Danube, à cette occasion en 335 av. J.-C. L'anecdote suivante est rapportée : :« Quand Alexandre eut vaincu les Gètes et rasé leur ville, sur le Danube, il lui vint des ambassades de tous côtés et entre autres des Gaulois, qui sont (dit-il) de grands hommes. Alexandre leur demanda alors ce qu'il craignaient le plus au monde, en s'attendant à ce que ces gens disent qu'ils ne craignaient rien plus que lui : mais il fut détrompé car il avait affaire à des gens qui ne s'estimaient pas moins que lui ; ils lui dirent que la chose de ce monde qu'ils craignaient le plus était que le ciel ne tombât sur eux, ce qui signifiait qu'ils ne craignaient rien. » C'est alors que, profitant du fait que le nouveau roi de Macédoine est occupé au nord, les cités grecques se révoltent. La réponse d'Alexandre est à la fois foudroyante, impitoyable et paradoxale. Impitoyable, car la ville de Thèbes est entièrement rasée (335 av. J.-C.), à l'exception de la citadelle de la Cadmée, de la maison natale de Pindare et de sa population, réduite en esclavage. Paradoxale, car Alexandre épargne Athènes, trop heureuse de se soumettre. Sans doute faut-il voir dans cette générosité la volonté de ne pas détruire le principal centre artistique, philosophique de la Grèce, ou bien l'influence de son ancien maître Aristote qui s'installe cette même année 335 av. J.-C. à Athènes et y fonde le Lycée. Cela dit, les accès de fureur chez Alexandre alternent fréquemment avec des gestes de grande générosité, la destruction de Thèbes et le pardon d'Athènes n'étant que les premiers d'une longue liste. Au final, Alexandre est assez peu présent comme souverain dans son royaume. Quand il quitte l'Europe au printemps 334 av. J.-C. pour son expédition en Asie, c'est pour ne jamais y revenir.

Le Conquérant

Voir aussi : Comparaison entre les armées d'Alexandre le Grand et de Darius. Comparaison entre les armées d'Alexandre le Grand et de Darius

La bataille du Granique

Durant l'hiver 338-337, Philippe de Macédoine constitue la ligue de Corinthe, ayant déclaré la guerre à la Perse. Alexandre est le continuateur de l'œuvre de son père. En 334, Alexandre passe en Asie avec environ 32 000 fantassins et 5000 cavaliers. Il part de sa capitale Pella et, en 20 jours, atteint Sestos en Chersonèse. Tandis que Parménion est chargé par le roi de transporter l'armée à Abydos, tête de pont crée par Philippe II sur l'Hellespont, Alexandre se dirige vers Éléonte où il rend sacrifice au premier héros tombé lors de la guerre de Troie, Protésilas. Ce geste est le premier d'une longue liste qui illustre la volonté du roi de frapper les imaginations en se faisant passer pour le nouvel Achille, sans qu'il soit d'ailleurs possible de savoir s'il est sincèrement pénétré de la fierté d'appartenir à la race du héros ou s'il s'agit d'une simple gestuelle théatrale à destination de ses soldats et des peuples d'Asie mineure et de Grèce. C'est ainsi qu'il débarque en Asie près de l'emplacement supposé de Troie, dresse des autels dans le temple d'Athéna à Ilion, puis va mettre une couronne sur le tombeau d'Achille, tandis Héphaestion fait de même sur celui de Patrocle. Ce n'est qu'après qu'Alexandre rejoint son armée à Arisbé. En quatre jours, en contournant par le nord le massif du Pityos Le principal chef mercenaire grec de Darius III, Memnon de Rhodes, est partisan de la politique de la terre brulée face aux Macédoniens, dont il estime à juste titre la valeur. Que l'armée entraîne vers l'intérieur du pays sans combattre les troupes d'Alexandre tandis que la flotte perse porte la guerre jusqu'en Macédoine. Memnon pouvait légitimement espérer une révolte des cités grecques, s'appuyant sur l'or de Darius et sur le légitime ressentiment contre Alexandre à la suite du saccage de